Avec Ary Régis, éducateur, communicateur social, militant écologiste pour le changement social et proche collaborateur du Groupe d’Action francophone pour l’Environnement (GAFE Haïti), Nadia Lafleur, coordinatrice « Femmes et familles » de la Maison d’Haïti et Amélie Nguyen, coordinatrice au Centre international de solidarité ouvrière (CISO).
Une soirée animée par Marc-Édouard Joubert, vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada (CTC).
Aujourd’hui, une énième crise secoue Haïti, le pays le plus pauvre et l’un des plus inégalitaires des Amériques. Aggravée par la violence des gangs armés, la corruption et l’incapacité de l’État à livrer les services de base, la situation est dramatique et touche pratiquement toutes les régions et les secteurs de la société haïtienne : 1,5 million de personnes déplacées, 5,8 millions de personnes en situation de faim aiguë, plus de 80 % de la capitale Port-au-Prince sous le contrôle et la violence des gangs armés.
Si ces chiffres attestent de l’urgence d’une situation devenue insoutenable, seuls, ils nous empêchent de saisir les véritables raisons qui ont précipité le pays dans le chaos. Car loin d’être une fatalité, la situation en Haïti aujourd’hui est le résultat d’un lourd passé colonial et esclavagiste qui, combiné à l’ingérence de puissances internationales et à l’influence d’élites locales corrompues, continue de miner la souveraineté du pays et sa capacité à se reconstruire. Au vu de cette situation, comment renouveler notre solidarité avec le peuple haïtien?
Organisé dans le cadre des Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI), ce rendez-vous sera l’occasion de mieux comprendre la situation en Haïti et les effets du projet néocolonial et de réfléchir, ensemble, à des pistes de solidarité avec la société civile haïtienne. Ce sera surtout un moment privilégié pour en apprendre sur les différentes formes de résistance du peuple haïtien et sa volonté de construire un État de droit en vue d’une véritable sortie de crise.
À propos des panélistes :
Né à la Plaine-du-Nord en 1965, Ary RÉGIS a commencé sa vie d’éducateur dès le secondaire, au sein de la Misyon Alfa. Après des études supérieures en communication sociale à Mexico et en technologie éducative à l’ILCE, il a poursuivi une carrière académique au sein de l’Université d’État d’Haïti (UEH), où il a été tour à tour enseignant, vice-doyen, coordonnateur et conseiller TICE.
Parallèlement, il s’est investi dans des projets d’alphabétisation, de radios communautaires, de plaidoyer pour le créole, d’écologie citoyenne (avec le GAFE et Alternatiba-Haïti), et de spiritualité laïque fondée sur les savoirs ancestraux. Il incarne une éducation à la fois critique, connectée et profondément enracinée dans la réalité haïtienne.
Militante féministe engagée depuis 2005, Nadia Lafleur œuvre pour la défense des droits des femmes, la lutte contre les violences et la promotion de leur autonomie.Riche d’un parcours combinant la communication et le journalisme, elle a développé une solide expérience en intervention psychosociale féministe, particulièrement dans l’accompagnement des femmes victimes de violences, tant en Haïti qu’au Québec.
En Haïti, elle s’est engagée au sein de Fanm Deside, a animé l’émission radiophonique Action Féministe et contribué à la mise en place de sept espaces sûrs pour les femmes et les filles dans plusieurs régions du pays. Toujours membre de Fanm Deside, elle poursuit son engagement auprès des équipes sur le terrain, notamment à travers la formation et le soutien aux initiatives féministes. Aujourd’hui établie au Québec, elle est responsable du dossier Femmes et Familles à la Maison d’Haïti, est membre de la Coalition féministe contre la violence envers les femmes, et participe t aux mobilisations contre les violences faites aux femmes et les féminicides au Québec. Artiste peintre sous le nom de Fanmdoubout, elle utilise aussi l’art comme moyen de sensibilisation, de dénonciation et de résistance.
Amélie Nguyen est coordonnatrice au Centre international de solidarité ouvrière, une organisation de solidarité internationale intersyndicale visant à renforcer les liens entre les travailleuses et travailleurs d’ici et d’ailleurs en lutte pour le respect de leurs droits, pour de meilleures conditions de travail et pour l’instauration d’une société plus juste et démocratique. Elle a été analyste politique de l’Association québécoise des organismes de coopération internationale auparavant. Son parcours l’a menée à être volontaire avec Oxfam Québec au Vietnam, où elle a appuyé un groupe de femmes dans l’élaboration d’une recherche action liée à l’accès des femmes à la propriété terrienne.
Elle est détentrice d’une maîtrise en droit international et politique internationale de l’UQAM, dans le cadre de laquelle elle a pu participer à un stage à la Commission interaméricaine des droits de l’homme, à Washington. Pendant plusieurs années, elle a été administratrice au sein du conseil d’administration de la Ligue des droits et libertés ainsi que membre du collectif de rédaction de la revue À bâbord!.
Marc-Édouard Joubert est issu d’une famille haïtienne qui a immigré à Montréal à la fin des années 1960. Élu en juin 2016 comme président du Conseil régional FTQ Montréal métropolitain, Marc-Édouard Joubert est demeuré un militant sensible à de nombreuses causes sociales et politiques. Depuis 2026, il a été nommé vice-président exécutif du Congrès du travail du Canada (CTC). Il est également co-président du conseil d’administration d’Alternatives.

