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12 novembre 2017, Montréal

Pour une représentation linguistique mixte

Auteure : Marie-Ameline Barbier

Tirant sa syntaxe et ses règles de grammaire de dictionnaires rédigés il y a 400 ans, la langue française a su évoluer dans son vocabulaire mais peu dans son orthographe, laissant le féminin sur les bancs arrières de l’Académie française. Or la langue a sans aucun doute un fort impact social sur nos représentations quotidiennes. De par sa construction, la langue française est ainsi un redoutable outil politique au service de la prédominance masculine.

La question de l’écriture inclusive occupe actuellement les devants de la scène au Canada comme en France. Afin de doter son secrétariat ainsi que ses organisations membres d’un outil pratique pour leur permettre d’être cohérents avec leur engagement en faveur de l’égalité entre les femmes et les hommes dans la rédaction de leurs publications, l’AQOCI a choisi de réaliser un guide de rédaction non sexiste, en collaboration avec le Comité québécois femmes et développement.

Aspirant à une égalité de représentation entre les hommes et les femmes, ce nouveau mode d’écriture est destiné à déconstruire la domination masculine et les stéréotypes de sexe. Il propose des alternatives à une écriture qui fait la part belle aux hommes et qui peut être définie comme sexiste. Cette tendance s’est appuyée sur le postulat suivant : la langue française, de par sa forme, contribue à perpétrer des inégalités et des stéréotypes de genre car le langage , reflet de l’écriture, structure notre pensée. Ce mode d’écriture permet alors de ne plus « invisibiliser » les femmes. En effet, si on demande à des personnes de citer spontanément deux écrivains, la majorité des gens citeront deux écrivains se sexe masculin. Si la question combine le masculin et le féminin, soit citer deux écrivains ou écrivaines, des écrivaines seront davantage citées.

Il est important de rappeler que ces règles de grammaire émanent de choix politiques effectués au 17 ème siècle en France au motif que le masculin était à l’époque « plus noble que le féminin ». Avant ce siècle, c’était la règle dite « de proximité » qui était appliquée : l’accord de l’adjectif se faisait avec l’ objet ou le nom qu’il qualifie le plus proche dans la phrase. Par la suite, des grammairiens ont décidé de remodeler la langue française selon la maxime : « Le masculin l’emporte sur le féminin » et en fonction d’intérêts personnels basés sur des représentations de genre. C’est ainsi que lorsque Napoléon fut sacré empereur et qu’il décida d’arborer l’aigle comme emblème, ce dernier décréta que le nom aigle serait désormais masculin, alors que ce dernier avait toujours été féminin.

Trois procédés peuvent aujourd’hui être utilisés judicieusement pour rendre la langue française plus équitable tout en la rendant toujours lisible :
- Employer une formulation neutre qui désigne aussi bien les hommes que les femmes : Par exemple : « Des humains » au lieu « des hommes »
- Féminiser les noms de métiers, titres, fonctions
- Utiliser la formulation tronquée qui permet de donner une visibilité égale aux femmes et aux hommes par l’emploi de différentes marques graphiques (parenthèses, trait d’union, etc). Par exemple : Les participant-¬e-¬s devront se présenter à la réunion.

De multiples outils sont ainsi à disposition de tous afin qu’après avoir gagné le droit à la représentation et à l’égalité politique, les femmes puissent prétendre à l’égalité linguistique.

Cet atelier était animé par Marie Brodeur Gélinas de l’AQOCI
Photo : AQOCI

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